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[sticky post] Liste des films

Afin d'éviter de se faire la liste de tous les posts pour savoir si tel ou tel film a déjà été commenté sur la communauté, vous trouverez désormais (sous le cut) la liste des films et les liens vers leurs fiches respectives.


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La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche

Vu hier soir et je ne sais pas encore s'il s'agit d'un pur coup de coeur ou d'un film que je continuerai à trouver génial sur certains points et avec des défauts sur d'autres... Je pense que c'est un film qu'il faut prendre le temps de digérer, peut-être.

J'avais vu L'esquive, du même réalisateur et j'avais adoré ! Maintenant, je ne sais pas si je n'ai pas préféré L'esquive à La vie d'Adèle, même si j'ai beaucoup aimé les deux, mais je ne sais pas non plus si ce n'est pas parce que je n'attendais rien de L'esquive alors que j'attendais énormément de La vie d'Adèle.

En attendant, comme j'ai envie d'en parler, voilà ce que c'est :

La vie d'Adèle, c'est un film très beau. J'ai adoré le début mais alors absolument adoré ! La vie lycéenne d'Adèle, ses amis, leurs différentes personnalités, entre la copine "meneuse" qui incite Adèle à sortir avec le mec qui la regarde et lui pose des questions indiscrètes, le pote sympa, le petit copain gentil et amoureux, les premières dragues, les premiers amois adolescents, la vie de famille de cette jeune fille de 16 ans, ses questions par rapport à sa sexualité, les réactions des copains justes, jamais dans la caricature, le fait de voir des ados aux lycée aimer leurs cours et être influencés par leurs lectures de cours de français... J'ai vraiment a-do-ré ! J'ai eu l'impression de me replonger dans mon adolescence et de voir une vision juste, jamais exagérée, touchante, pleine de vrai... Superbe.

Puis vient l'histoire avec Emma, la fille aux cheveux bleus.

C'aurait pu être mieux si Léa Seydoux avait joué mieux, je pense. Ou peut-être est-ce juste son personnage. Ou peut-être est-ce juste moi, je ne sais pas, mais je n'ai pas trouvé qu'elle jouait très bien. Là où, avec Adèle Exarchopoulos, j'ai vu un personnage, avec Léa Seydoux, je l'ai vu tout le temps "jouer", souvent en me demandant ce qu'elle aurait pu faire pour oter de son visage cet espèce de masque de représentation perpétuelle. Ca se voit sur les photos, d'ailleurs, je trouve, même sur l'affiche, mais ça se voit aussi tout le temps, à l'image de cette scène de drague où on peut comprendre qu'Emma est en "représentation" devant Adèle, mais ça reste présent tout le film :

C'est d'ailleurs quelque chose qui m'a posé souci, dans ce film : l'amour. Il y a de longues scènes de sexes, assez répétées, qui ont fait l'objet de critique. Dans le film, c'est clair que chapeau pour les actrices d'avoir joué ça ! Les scènes sont longues, détaillées, osées dans le sens où on en voit vraiment beaucoup... Mais, à la rigueur, ça aurait été pour montrer l'amour, la passion, ça aurait été justifié. Mais cet amour, cette passion que j'aurais aimé voir, je ne l'ai quasi jamais vu. Je l'ai vu dans les yeux d'Adèle. Je l'ai vu à un moment magique, si, il y en a un, où ça se voit aussi dans l'expression et les yeux d'Emma dans une discussion après une scène de sexe. Mais je ne l'ai pas vu dans les scènes de sexe et, d'une manière générale, pour un film qui parle d'amour, je ne l'ai pas vu comme j'aurais aimé le voir.

Sinon, on en a pas mal parlé comme un film traitant d'homosexualité, mais ce n'est pas ce que j'ai eu l'impression d'aller voir. J'ai plus vu un film parlant de différences du passage de l'adolescence à l'âge adulte, et parlant de différence non pas de sexualité mais de milieux sociaux, je pense. Adèle est une fille "comme tout le monde" : elle va au lycée, elle a des amis, elle veut devenir instit'... Emma est une homosexuelle, trainant dans des milieux homosexuels, faisant les Beaux Arts, ayant des amis homosexuel(le)s et artistes... Elles sont dans deux mondes vraiment différents. Il y a une scène très bien, comme ça, où Emma présente Adèle à ses amis et où Adèle passe son temps à servir à manger et à boire à tout le monde parce qu'elle ne peut entrer dans aucune conversation.

Tout se passe dans les non-dits, mais c'est très bien géré.

Il y a des longueurs, parfois, mais ça sert aussi le film...

La réalisation est intéressante, aussi : plein de très gros plans sur les personnages, beaucoup de caméras portées à l'épaule, de la musique uniquement dans la musique qu'écoutent les personnages (jamais de "musique de film"), la beauté d'Adèle Exarchopoulos mise en valeur en permanence, tout le temps, tout le temps... ses lèvres, ses cheveux emmêlés au-dessus de sa tête ou qui retombent sur son visage, ses cheveux, tout le temps, ses vêtements, sa silhouette... C'est ultra esthétique et assez troublant. C'est beau, dans tous les cas, et le tout donne un rendu très "réaliste". C'est du très bon cinéma intimiste.

La fin est très belle. J'ai adoré le début, le milieu m'a fait regarder quelques fois ma montre, et j'ai ensuite été re-captivée par la fin, la souffrance d'Adèle étant vraiment touchante et j'ai souffert avec elle jusqu'à cette toute fin où où... on a envie de taper le réalisateur pour cette fin ouverte, mais on a aussi le droit de se consoler en se disant que, mais si... quand même... Et je n'en dis pas plus parce que j'en ai déjà trop dit.

Bref, un film à voir, tout de même. A digérer, surement.

Summer Wars, de Mamoru Hosoda

Je poste une petite rec' pour mon dernier coup de coeur en matière d'anime.


A voir !Collapse )

Insaisissables

Insaisissables


Un illusionniste, Daniel Atlas, son ancienne partenaire, Henley Reeves, un prestidigitateur pickpocket, Jack Wilder, et un mentaliste hypnotiseur aigrefin, Merritt McKinney, sont recrutés par un mystérieux personnage anonyme. Un an plus tard, ils forment « Les Quatre Cavaliers », un groupe d'illusionnistes conduits par le charismatique Daniel Atlas. Ils font un show à Las Vegas dans lequel ils surprennent le public en cambriolant, en direct et à distance, une banque en France et en faisant pleuvoir sur le public les billets de banque volés.


Dylan Rhodes, un agent du FBI, est déterminé à arrêter les illusionnistes avant qu'ils ne mènent à bien un projet de cambriolage beaucoup plus ambitieux, mais il se voit obligé de faire équipe avec Alma Dray, une détective d'Interpol dont il se méfie immédiatement. Dans son désespoir devant la difficulté de l'enquête, Dylan contacte Thaddeus Bradley, un animateur de télévision qui démonte les trucs des magiciens dans ses émissions. Il leur révèle les secrets des illusionnistes, en les assurant que le vol de la banque a été réussi grâce à des déguisements et des trucages vidéo. Dylan et Alma s'accordent sur le fait que « les Quatre Cavaliers » disposent de l'aide d'une cinquième personne et que sa capture est la clé de l'enquête. (merci Wikipedia pour le résumé)

Je suis d'abord allée voir ce film pour ses effets spéciaux. Et je n'ai pas été déçue. Les effets visuels sont très beaux et, ce qui est vraiment intéressant, c'est que pour les tour de magie qui ont le plus d'impact sur l'histoire, on a l'explication de ce qui s'est passé (surtout grâce à Thaddeus).

Pour ce qui est de l'histoire, j'ai été agréablement surprise. Certes, le héros du FBI est un gros boulet, sujet à l'énervement et qui écoute les autres avec réticence. Mais pour ce qui est de la recherche du cinquième, c'est bien mené : tout du long je me suis posée la question. Alma ? Trop évident si c'est elle mais quand même... Thaddeus ? Un autre mentionné dans le film ? Jusqu'à la fin, j'ai douté.

C'est donc plutôt un bon film, qui se laisse regarder avec plaisir. J'ai un peu hâte de le revoir pour les éléments que j'ai manqués qui auraient pu me mettre sur la voie.

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Cherche film léger et distrayant

C'est une demande de mon homme, qui aimerait bien qu'on se voie ensemble un film léger et distrayant, du genre film comique ou film à grand spectacle...

Ok. Sauf que moi, de mon côté, je n'aime que les films qui ne sont pas de la daube, c'est à dire des films où le scénario tient debout, où les personnages ne sont pas des grosses caricatures et où le film a mieux à proposer que "tu as vu mon explosion comme elle est grosse".

Quelques exemples, du coup, de films qui peuvent coller (mais que j'ai déjà vus) : The big Lebowski, Oh Brother, I love you Philip Morris, Galaxy Quest, Le prestige, Tigre et Dragon, Inception, La folle histoire de l'espace, etc. Pirates des caraibes, tiens, aussi, pourquoi pas ? Le premier, ça allait, mais juste le premier. Les suivants, ça rentre dans la catégorie "daube", pour moi. Les James Bond, aussi, je tolère très facilement : c'est un genre à part.

Et quelques contre exemples : Les pirates de caraibes à partir du deuxième, tous les Oceans Elevens, Sherlock Holmes (fait du Kung fu... Encore que le premier Sherlock se regardait bien), les derniers Batman (avec Batman fait aussi du Kung fu. Enfin, d'une manière générale tous les films où des persos qui ne devraient pas faire du kung fu si on se réfère à leur base se mettent à en faire), 90% au moins des films adaptés de comics (à part les deux premiers Batman et Watchmen), 90% au moins des block-busters de ces dernières années... Enfin, tous ces films gavés d'invraisemblances, de ficelles scénaristiques à deux balles et où le scénario est clairement passé au second plan après "faire du gros spectacle" de la part des réalisateurs.

Bref, vous avez des idées, du coup ? Parce que je sèche lamentablement...
"Marius" et "Fanny", les deux premiers volets de la trilogie de Marcel Pagnol, adaptés par Daniel Auteuil, sortent ce mercredi 10 juillet.

En ce moment au ciné.

Alors, certes, on la connait l'histoire. On l'a lue, la formidable pièce de Pagnol, pour la plupart, ou, si on ne l'a pas lue, on connait au moins la scène des cartes (tu me fends le coeur !), mais j'ai vu la bande annonce, ça m'a eu l'air mille fois mieux que tous les block-busters à grand spectacle actuels qui me sortent par les yeux, tant ce ne sont que des copié-collés les uns des autres depuis un certain nombre d'années (mais qui marchent : on était 3 dans la salle, hier soir (mon mec, moi et une autre fille, c'est tout), alors que la queue pour les autres films était bien longue. Si ce n'est pas une honte...) et j'ai tenté le coup.

Eh bien, c'est tout simplement une adaptation impeccable du premier volet de la pièce en trois tomes de Marcel Pagnol. Les dialogues de la pièce sont là, le format pièce/ciné est bien arrangé puisque, si la majorité des scènes se passent au et devant le bar de Marius et de son père César, comme l'a été écrite la pièce, le réalisateur (Daniel Auteuil, pour le coup, qui joue aussi le personnage de César) nous emmène cependant également dans le vieux Marseille et sur le port pour des scènes jouées à l'écart du bar ou muettes. Les vues sur le Marseille de l'époque sont d'ailleurs belles, celles sur les bateaux traduisent parfaitement les rêves de Marius,

Et puis surtout : qu'ils sont beaux, ces personnages ! Oui, on les connait mais qu'ils sont beaux ! Marius avec tous ses rêves, Fanny avec son amour plus grand que n'importe lequel, César avec sa pudeur paternelle adorable...

A voir ce film, je me suis dit que tout était exactement comme je le serais imaginée ("serais" et non pas "était", parce que ça fait vraiment longtemps, maintenant, que j'ai lu cette trilogie) : les lieux, les scènes et même les visages et les jeux des personnages. Voyez-vous même, en regardant la bande annonce :
Je ne dirais donc pas que c'est un film innovant par rapport à la pièce. Absolument pas : au contraire, c'est une adaptation très fidèle et, en ce sens, très réussie. A voir par tous ceux qui n'ont pas lu la pièce et par tous ceux qui, s'ils l'ont lue, ont envie de se replonger un moment dans cette superbe trilogie.

A noter que "Fanny" est déjà tourné et que, s'il n'est pas encore sorti dans votre région (c'est le cas de la mienne, mais les sorties y sont toujours un peu en décallé), il devrait sortir dans la ou les semaines qui suivent, les deux films ayant été programmés en quasi simultané. Je ne sais pas quand sortira "César", par contre.
"Marius" et "Fanny", les deux premiers volets de la trilogie de Marcel Pagnol, adaptés par Daniel Auteuil, sortent ce mercredi 10 juillet.

Gatsby le magnifique (The Great Gatsby)

Un film de Baz Luhrmann
Avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan

Ce film fait l'ouverture du Festival de Cannes 2013.

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L’histoire se passe à New York en 1922. Les années folles : jazz et tango, cinéma et alcool de contrebande, les robes et les cheveux qui raccourcissent, la première révolution sexuelle... Le jeune Nick Carraway fraichement débarqué, a pour voisin Jay Gatsby, un mystérieux millionnaire sorti de nulle part, qui donne de grandioses fêtes mondaines et semble poursuivre un objectif secret. Une histoire de passion amoureuse, de jalousie et d’illusions.

Le film est l’adaptation d’un des plus célèbres romans de toute la littérature américaine. Après un précédent dans les années 70 avec Robert Redford dans le rôle titre, c’est Baz Luhrmann qui s’y risque. Il fait un film qui lui ressemble, grandiose visuellement, bruyant, faussement superficiel, et tragique – et à mon sens fidèle au roman.
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Stoker (Park Chan-Wook, 2013)




Un homme vient de mourir, laissant derrière lui, dans une belle maison entourée d'un grand parc, une veuve un peu trop fragile et une fille en fin d'adolescence. Une veuve encore très belle, une fille aux apparences austères, qui ne parle guère mais observe... et surtout écoute.
Le jour des funérailles, le jeune frère du défunt fait son apparition et ne tarde pas à s'installer auprès des deux femmes. Madame le trouve très à son goût, mademoiselle s'en méfie comme de la peste. A-t-elle raison ou bien tort ? Tout dépend du point de vue.
Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'une sacrée dose de mystère l'entoure, ce jeune oncle trop séduisant...


Il y a dix ans, j'étais ressortie d'Old Boy enthousiaste et un brin traumatisée – de Stoker, je reviens enthousiaste et jubilante, avec ce sourire jusqu'aux oreilles que me valent les films vraiment bons, et parfaitement tournés pour me faire plaisir.

Tout y est.

Une histoire au fond assez classique, mais d'une belle portée symbolique et que l'art du réalisateur tourne en petit bijou étrange, cruel et dérangeant, sans oublier d'y adjoindre une touche d'humour bienvenu.
Une mise en scène très soignée, qui joue sur les effets de cadrage et accorde une grande attention aux détails et aux sons, en parfait accord avec le propos du film.
Des personnages troubles, tordus, attirants, aux relations ambiguës, incarnés par un excellent trio d'acteurs.
Quelques scènes mémorables, dont un superbe et sensuel duo (duel ?) de piano sur une composition de Philip Glass.
Et, surtout, un scénario impeccable qui ménage un suspense croissant, qui suggère sans jamais trop en dire – et laisse finalement au spectateur le soin de déterminer quel genre de film, exactement, il vient de voir. Thriller psychologique ? Film d'horreur ? Film fantastique – où la dimension fantastique n'est qu'une touche infime, un possible parmi d'autres ?
Il y a un peu de tout ça, dans Stoker, qui joue des codes, des références, nous manipule avec brio pour s'épanouir sur une fin impeccable, ouverte sans être frustrante et délicieusement amorale.



En somme, un gros coup de cœur, que je recommande très vivement !

Faites le mur - Bansky (2010)

*

Ce film aurait pu - aurait dû - être un documentaire sur le street art. Mais suite à quelques incidents de parcours que vous comprendrez en cours de route, il est finalement devenu l'histoire d'un improbable doux-dingue, un fou filmant accro de la caméra, tombé dans le chaudron du Street Art en rencontrant son propre cousin, Space Invader, dont vous avez tous pu croiser les petites mosaïques au coin d'un mur.

Vite passionné par cet univers, le fou filme, encore et encore. Il rencontre tous les grands artistes du genre, les accompagne dans leurs virées, se fait leur complice, leur assistant, et immortalise leur travail en centaines de bobines. Tous, sauf un, le plus insaisissable et sans doute le plus fascinant : Banski. L'homme sans visage qui fait s'embrasser des policemen sur les murs de Londres, l'homme qui au nez et à la barbe des services de sécurité a accroché ses propres œuvres dans les salles de la Tate Britain, du Met et de quelques autres grands musées.
Banski qu'un coup du destin - en l'occurrence incarné par Shepard Fairey - finit par mettre en contact avec notre bonhomme. Pour le meilleur... ou pour le pire. Je n'en dis pas plus, car ce qui découle de cette rencontre est assez bluffant à découvrir dans le fil du film !


Pas besoin de porter un intérêt particulier au street art, pour faire le mur avec Bransky. Le film est en revanche un excellent moyen de découvrir cet univers à part, d'une créativité foisonnante, transgressif, audacieux et intelligent... mais nullement à l'abri de ce qu'il dénonce, comme on en reçoit ici la démonstration magistrale.

Le résultat est passionnant, à la fois drôle, mordant, totalement improbable (si improbable que beaucoup de gens ont longtemps cru à un canular) et d'une portée qui dépasse de très loin l'apparent propos initial. Un film qui fait réfléchir, dont on a envie de discuter et débattre à foison une fois qu'on l'a vu - un film à voir absolument pour tous ceux qui s'intéressent un tant soit peu à l'art et aux mécanismes ambigus qui peuvent se dissimuler sous sa glorieuse bannière.

Un grand merci à veectoria_f qui m'a tant encouragée à le voir, et grâce à qui je suis tombée dans le chaudron moi aussi !