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The Grandmaster - Wong Kar-Wai (2013)



The Grandmaster nous conte l'histoire d'Ip Man, grand maître de Wing-chun dont l'élève le plus célèbre se fit appeler Bruce Lee. Si le personnage est historique, sa vie est ici fortement romancée et s'entrelace à celle de la jeune et jolie Gong Er, fille du grand maître Baosen, elle-même combattante émérite et qui devra un jour choisir entre un mariage heureux et la voie de la vengeance.
Du milieu des années 30 à l'après-guerre, leur existence à tous deux est fortement influencée par les grands événements de l'Histoire - l'invasion japonaise puis l'instauration de la République de Mao.

Visuellement, ce film est une splendeur, à l’image de cette scène d’ouverture où le héros affronte toute une bande d’adversaires dans une cour noyée de pluie, noyée d’ombres et de lumière argentée, entre les lignes élégantes de hautes grilles de fer forgé. On se grise de décors superbes, d’effets de gros plan et de ralentis qui magnifient chaque chose, chaque geste et chaque matière. Les combats, chorégraphiés par Yuen Woo-Ping – le même que pour Taï-Chi Master, Tigre et Dragon, Matrix, Kill Bill… – sont une splendeur de grâce aérienne et de violence stylée.



Malheureusement, le scénario ne suit pas. Mais alors pas du tout.
Il avait du potentiel, pourtant – une histoire de vengeance et d’honneur familial, une histoire d’amour avorté, une époque passionnante, le thème toujours fascinant de l’effondrement d’un monde et du destin de ses anciens représentants. Celui de ces maîtres du kung-fu, contraints d’émigrer à Hong Kong et d’apprendre à vivre dans un univers étranger n’est d’ailleurs pas sans me faire penser à celui des acteurs d’opéra, tel que décrit dans le si merveilleux Adieu ma concubine.
Ici, Wong Kar Wai n’a pas voulu mettre l’accent sur la matière historique, qui sert de toile de fond à l’histoire, oriente la vie des personnages sans jamais s’imposer sur le devant de la scène. Il lui a plutôt privilégié cette histoire de vengeance, pourtant sans rapport direct avec le personnage central et qui ne m’a guère convaincue, et peut-être aussi l’histoire d’amour avortée, tellement bien avortée qu’elle ne touche pas une seule seconde. Le propos de fond, le sujet même du film, reste finalement assez fumeux, et la narration parfois franchement absconse n’arrange pas les choses. On peine à saisir l’enjeu de plusieurs scènes, voire carrément à en comprendre le sens lorsqu'elles impliquent un personnage sorti d'on ne sait où, et certaines semblent avoir été filmées pour la beauté du geste bien plus que pour construire une histoire. Et les dialogues en forme de "le tigre sur la montagne enroule sa queue devant la tanière du dragon" (traduction : "je retournerais bien faire un tour au pays") n'aident pas vraiment à s'y retrouver.
J’ai pourtant assez tendance à aimer les films un peu décousus, où le sens s’embrouille, mais lorsqu’il y a une véritable intention derrière, l’intention d’embrouiller et de perdre justement, l'aura d'un mystère. En l’occurrence, on a surtout l'impression que le réalisateur a voulu aborder trop de sujets et que son propos s'y est complètement délité. Voire qu'à trop se regarder filmer, il a tout simplement oublié l’importance d’un bon scénario et d'un fil narratif solide derrière de belles images.

Au moins, celles-ci sont vraiment très belles et permettent de savourer deux heures de plaisir esthétique, à défaut de beaucoup mieux.

Polisse (un film de Maïwen)








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Cette fois-ci, ce n’est pas un film à l’affiche. Polisse a concouru pour le festival de Cannes en 2011, mais je l’ai vu pour la première fois il y a seulement quelques jours.

Parenthèse : la faute d’orthographe du titre a une explication : « Police » était déjà pris, par un film de Pialat, que je n’ai pas vu, mais dont je sais qu’il traite d’un sujet voisin, mais de façon très différente.

Polisse est une fiction qui raconte le quotidien des policiers de la Brigade de Protection des Mineurs. C’est-à-dire des affaires horribles (pédophilie, maltraitance, criminalité ou comportements à risques chez les enfants et les adolescents…) mais aussi la solidarité et la complicité entre collègues, qui permet de tenir le coup. Le film parle de personnages d’enfants et d’ados suivis par les policiers et des accusés, mais sans les individualiser. Il s'intéresse surtout aux policiers, qui eux sont des personnages complexes et nettement dessinés.






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Polisse a été très remarqué par la critique à sa sortie, sans pour autant faire l’unanimité. Les critiques ont souvent reconnu de grandes qualités au film tout lui reprochant certains éléments. Exactement comme moi : j’ai trouvé Polisse à la fois passionnant et très agaçant. J’y ai vu une alternance de scènes très réussies, qui sonnent juste, et de scènes ratées (au hasard, toutes celles avec Maïwen qui est également la réalisatrice du film et devrait vraiment arrêter de faire l’actrice).


Ce que j’ai aimé, en vrac :


Le sujet est original : le travail des policiers, représenté de façon réaliste et quotidienne, et non sous l’angle de l’enquête policière, a rarement été montré au cinéma.


Je ne connais pas grand-chose à ce milieu, mais beaucoup de scènes sonnaient justes.


L’énergie des acteurs (sauf Maïwen), la façon dont ils habitent leurs personnages et leur donnent une épaisseur. Marina Foïs exprime le mal de vivre d’une façon très impressionnante (comme déjà dans Filles perdues cheveux gras). Elle me fait un peu flipper, mais je l’aime.


Certaines scènes, très dures, ne font pas dans la surenchère, et montrent la situation d’une façon neutre. Par exemple (celle qui m’a je pense le plus choquée), un gentil papy à cheveux blancs qui au fil d’un interrogatoire serré, révèle qu’il est coupable d’attouchements sur sa petite-fille et déballe tout l’air vaguement gêné, mais en mode « on va pas en faire un fromage, c’est bon ».


Mais j’ai bien envie de taxer d’autres scènes de voyeurisme ou de misérabilisme. Et certaines sonnaient franchement faux.


Ce qui m’a agacé, toujours en vrac :


La représentation de la hiérarchie des héros, systématiquement faible ou vendue. Vu le sujet, je trouve la généralité réductrice pas très cool.


La présence de Joey Starr (après sa carrière de rappeur aux textes très violents envers la police). Mais bon, même si je ne sais toujours pas si je le trouve bon acteur, il est indéniablement charismatique.


Une scène de séduction ridicule, qui gâche un passage de film que j’aurais autrement adoré.


Le personnage de photographe bobo jouée par Maïwen, au cas où quelqu’un n’aurait pas compris. Maïwen est folle d’amour pour elle-même, cela se sent à chaque plan de son film.

Bref, je reste partagée. Je déconseille fortement le film aux enfants et jeunes ados, parce qu’il y a de quoi être traumatisé, mais je vous le conseille à vous ! J’ai employé plus haut le terme « passionnant », parce que dès le visionnage, toute seule chez moi, j’ai eu envie d’en discuter, d’échanger des points de vue, de savoir comment d’autres que moi avaient reçu l’œuvre, et plus largement de parler des sujets de société abordés par le film (bref, j'au saoulé tout mon entourage).


Vee.


PS. Un truc qui m’a mise très très mal à l’aise et que je viens de découvrir en cherchant des photos pour illustrer mon article : la campagne d’affichage de « remerciements » en réaction aux nombreuses récompenses reçues par le film. Pour plus de détails, par exemple http://fluctuat.premiere.fr/Cinema/News/Ressortie-de-Polisse-les-affiches-tombent-le-masque-3247512

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Les Amants passagers

Bonjour tout le monde, pour mon premier post, j’ai choisi de vous parler des Amants passagers, le dernier film d’Almodovar.

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A bord d’un avion quittant l’Espagne pour le Mexique, le personnel et les passagers de la classe affaire apprennent que, victime d’une défaillance technique, l’avion ne pourra pas atterrir dans des conditions normales et est condamné à tourner en rond jusqu’à ce qu’une piste d’atterrissage en catastrophe lui soit préparé. Persuadé de vivre ses dernières heures, chacun expérimente l’angoisse de la mort imminente, et la libération de la parole et des mœurs qui l’accompagne (en tout cas dans les films d'Almodovar).

Beaucoup de critiques ont analysé le film comme une métaphore de l’Espagne en pleine crise économique et sociale, qui tourne en rond et se prépare à un crash final. On peut aussi y voir une parodie des films catastrophes hollywoodiens.

Moi, ce qui m’a d’abord frappé, c’est la liberté de ton du film, qui accompagne celle des comportements délirants des voyageurs qui pensent n’avoir plus rien à perdre.

Ce côté rabelaisien, qui me déplait franchement dans les comédies américaines type American pie, je le trouve superbement mis en scène chez Almodovar. Almodovar représente le sexe de façon joyeuse, euphorisante même, y compris dans des situations qui devraient être glauques mais deviennent hilarantes.

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La scène de comédie musicale « what the fuck » (chorégraphiée quand même par la célèbre chorégraphe contemporaine Blanca Li) est un vrai bonheur. Parce que Les Amants passagers est avant tout un film très drôle, j’ai gloussé à peu près d’un bout à l’autre.

Enfin, on retrouve avec délice nombre des acteurs fétiches du réalisateur, qui est décidément un génial directeur d’acteur.

Certains critiques ont taxé le film d’homophobie, je ne partage pas cet avis. Je vois plutôt dans les personnages des stewards un hommage affectueux à certains gays flamboyants qui existent bien dans la vie réelle. Les personnages ne sont d'ailleurs pas réalistes, ils ne sont pas non plus des caricatures : ils sont almodovariens, donc (hétéros comme homos) excessifs et passionnés, ridicules et attachants.

Mar. 7th, 2013

Aboliçao !...

Nouvel avis sur Queimada.

Queimada - Gillo Pontecorvo

Pour ma première critique sur cette communauté, je me permets de débuter par un de mes films préférés, un de ceux que je regarde religieusement chaque année avec une fascination sans cesse renouvelée. M’sieurs, dames, j’ai l’honneur et le plaisir de vous présenter :

Queimada
de Gillo Pontecorvo – 1969 – titre VO « Burn ! »
avec Marlon Brando, Evaristo Marquez…


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De quoi ça parle ?

Nous sommes aux alentours de l’année 1845 sur une petite île esclavagiste des Caraïbe du nom de Queimada (mot qui signifie « brûlée » en portugais et jamais nom n’aura été mieux choisi) dominée par le royaume du Portugal et l’exploitation de la canne à sucre. Sir William Walker, agent de la couronne britannique, débarque sur l’île avec mission de la faire passer sous le contrôle économique de l’Angleterre. Pour cela, quoi de plus efficace qu’une bonne petite insurrection qui lui permettra de faire zigouiller les dirigeants et de bouter le Portugal hors de l’île sans se salir les mains ? Mais pour déclencher une révolte, il faut d’abord lui trouver un leader, un homme assez fou ou assez brave pour galvaniser les esclaves et les pousser à prendre les armes.

Cet homme, sir William Walker pense l’avoir trouvé dans la personne de Jose Dolores, un jeune esclave noir assoiffé de liberté mais peu instruit dans l’art de mener une guérilla. Walker va donc lui mettre un fusil entre les mains, lui apprendre à s’en servir et à tuer pour la cause sacrée de l’abolition – cause dont l’agent britannique se moque comme de sa première chemise, bien entendu. La révolte éclate et l’île est libérée de la domination portugaise sous l’œil satisfait et rapace de l’Angleterre. Tout pourrait se terminer au mieux dans le meilleur des mondes, mais les intérêts de la couronne britannique sont choses changeantes ; et viendra le jour où ils cesseront de coïncider avec ceux des esclaves libérés et où Walker reviendra sur le devant de la scène, non plus pour aider son ancien protégé mais pour le conduire à sa perte…

Aboliçao ! Aboliçao !Collapse )

En espérant vous avoir donné envie, les gens…

Blancanieves - Pablo Berger


Il était une fois un torero prestigieux, marié à une femme exquise. Couple quasi royal dans l'Espagne des années 20, jusqu'au jour d'une erreur fatale, dans les arènes de la Maestranza de Séville... De l'histoire, je ne vous dirai rien de plus car je trouve bien plus intéressant, dans un détournement de conte de fée, de découvrir petit à petit ce que l'auteur a retenu et réinterprété.

Pour son deuxième film, Pablo Berger fait entrer Blanche Neige dans le monde réel avec un talent et une originalité remarquables. Il en fait une héroïne forte et met l'accent, de manière très touchante, sur ce que ce genre de conte a peut-être de plus intéressant : la relation entre un père et sa fille. Un père diminué, tombé aux mains d'une femme cruelle ; une fille née en tuant sa mère, qui cherche désespérément le regard et la reconnaissance d'un père à-demi fantasmé. Une fille qui voit chaque être aimé disparaitre tour à tour, et dont la mort est au fond la plus fidèle compagne.
C'est une histoire dont l'infinie tristesse se nuance par la fantaisie entraînante de ceux qui n'ont jamais vraiment quitté le royaume de l'enfance. Un hommage très réussi à la culture de l'Espagne du sud, ses danses et ses violences. Et par dessus tout, un film d'une beauté absolue, fascinante. Un film muet en noir et blanc, qui ne se contente pas d'imiter la manière des années 20 mais s'en inspire, la retravaille au gré des techniques modernes pour un résultat assez unique. "Noir et blanc" est d'ailleurs un terme bien réducteur pour cette richesse de gris, d'ombres et de lumière, où chaque plan a la perfection d'une photo pensée dans les moindres détails. "Muet" l'est presque tout autant, lorsque les voix se taisent comme pour mieux laisser place à la musique.
Le plus rare est peut-être qu'un film aussi esthétique, aussi léché, réussisse à être aussi bouleversant. Pour le coup, j'ai très envie de crier au chef-d’œuvre !


Quelques images en plus sous le cutCollapse )

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Django Unchained - Quentin Tarantino

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Est-il absolument nécessaire de présenter le nouveau Tarantino ?!
Nous voici dans le sud des Etats-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession. Une nuit au fond des bois, le docteur King Schultz, aimable dentiste allemand très policé, se porte acquéreur de Django, esclave en transit entre deux propriétaires, qui pourra l'aider à identifier trois hors la loi devenus régisseurs dans des plantations. De fait, l'aimable dentiste a depuis longtemps troqué la fraise contre le flingue et gagne sa croûte en tant que chasseur de primes. Ce qui n'en fait pas une rosse pour autant : en échange de son aide, Django obtiendra la liberté et une part du magot.
Les choses auraient pu s'en tenir à cet échange de bons procédés si Django n'avait pas eu une femme, esclave elle aussi et vendue séparément suite à une tentative d'évasion ratée. Une femme élevée par une maîtresse allemande, et répondant au mythique nom de Broomhilda. Une femme que Django, tel un moderne Siegfried, serait prêt à tout pour libérer... et venger. L'histoire, vous pensez bien, a de quoi enthousiasmer un allemand, et une fois les trois zozos zigouillés, les deux hommes vont unir leurs forces et leur ingéniosité pour aller repêcher la belle au cœur du domaine de l'odieux Calvin Candie.


Après avoir dézingué du nazi en détournant le film de guerre, Tarantino écharpe de l'esclavagiste en réinventant le western. Et putain que c'est bon !
On y retrouve ce qui fait le meilleur de ses films : un scénario tordu, des héros barrés à souhait qui ont la classe, des méchants odieux à souhait qui se dégomment avec délices, une savoureuse démesure dans la violence, un instinct de liberté dévastateur qui se joue des clichés et des conventions, des répliques qui claquent comme un bon coup de fouet sur l'échine d'un négrier, un solide sens de l'humour, de l'absurde et du second degré, une BO qui dépote et quelques scènes d'anthologie. Tout particulièrement celle de l'attaque du Klu Klux Klan, où le grandiose menaçant de la cavalcade initiale se fracasse sur un détail ridicule pour sombrer dans l'absurde le plus total.
Mais Django, c'est un peu plus que tout ça. Sous le vernis rock n'roll, c'est une très romantique et très jolie histoire d'amour, une condamnation impeccable du racisme (n'en déplaise à Spike Lee), une mise en scène des aspects les plus sombres du sud esclavagiste, qui s'interroge sur la notion même de responsabilité et ne tombe jamais dans les conclusions faciles. Aussi cruel soit-il, le système mis en place par les Blancs est si bien fichu que certains Noirs en sont d'ardents défenseurs, et qu'il faut un être d'exception pour se révolter franchement contre ce que la plupart se contentent de subir.

Un dernier mot pour saluer les acteurs, tous excellents. Jamie Fox sait adopter le parfait mélange de force, de fierté et de fêlures pour rester à la fois admirable et touchant. Christof Waltz est merveilleux, comme toujours (mais si, mais si, je suis très objective), Kerry Washington délicieuse (il faut bien reconnaitre qu'on ne lui demande pas grand chose de plus), Di Caprio très convaincant dans son rôle de grand enfant trop gâté, sadique et tout puissant. Mais le plus bluffant reste sans doute Samuel Lee Jackson, qui campe de manière assez flippante un vieux maître d'hôtel servile, tyrannique et trop rusé, prêt à tout pour défendre son maître bien-aimé et le système dans lequel il trouve sa place.

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Tu es qui, toi ? Tu as pas encore vu mon film ? Allez, hop, au cinéma.
Et on discute pas avec le vieux Stephen.

La Parade - Srdjan Dragojevic

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Belgrade, 2008. Parce que son chien moche s'est fait flinguer, qu'il a braqué un brave vétérinaire pour lui sauver la vie, que ledit vétérinaire est le petit ami du type qui doit organiser son mariage, parce que sa blonde fiancée le mène à la baguette et ne supporte pas l'idée d'un mari homophobe, Lemon, ancien soldat, plus ou moins ex-parrain des gangsters du coin reconverti dans la sécurité - un dur, un vrai - se voit contraint d'organiser la défense de la première Gay Pride de Serbie. Ce qui ne promet pas d'être une mince affaire vu que tous les skinheads de la ville se sont donné rendez-vous pour casser du pédé, que la police refuse de s'en mêler, et que ses collègues habituels préféreraient mourir que défendre ces gens-là. Lesquels ne sont pas eux-mêmes très emballés à l'idée d'être défendus par ce genre de type.
Dans une jolie petite voiture rose, Lemon et Radmilo le véto partent donc à travers les Balkans à la recherche d'autres alliés - d'anciens mercenaires devenus grands potes de Lemon au fil des aléas de la guerre....

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On s'en doute, le voyage promet d'être rocambolesque - tout autant que la cohabitation ultérieure des gros durs et des gays, même si Ben Hur est fort heureusement là pour mettre tout le monde d'accord.

Bien sûr, le film repose sur un propos de fond assez démonstratif, et fonctionne sur un certain nombre de clichés auxquels plusieurs critiques se sont arrêtées, qualifiant le résultat de lourdingue. Evidemment, ce n'est pas un film qui fait dans la subtilité, l'analyse de fond ou même la poésie. Mais, que diable, la subtilité n'est pas une valeur absolue et certaines histoires n'ont que plus de poids lorsqu'elles sont racontées avec simplicité et humour ! C'est un parti-pris comme un autre, et dans le genre ce film est une belle réussite.
Très entraînant, très drôle, d'un humour loufoque teinté d'absurde, parfois grinçant, qui n'hésite pas à plonger franchement le doigt dans ce qui fait mal et se moque gentiment des travers et manies de tout le monde, avec un mauvais goût parfaitement assumé. Avec cela, une belle galerie de personnages tous plus ou moins frappés et très vite attachants, ainsi qu'une dose d'émotion sans doute un peu attendue mais non moins efficace.
Il y a finalement là-dedans quelque chose d'assez kitsch, qui peut sans doute déplaire mais qui à mes yeux fait pleinement partie du charme et m'a valu deux heures de parfait plaisir cinématographique. A considérer avec un certain sens du second degré, sans aucun doute !

La bande annonce, très réussie, donne une assez bonne idée de l'affaire.

Les Bêtes du Sud Sauvage - Behn Zeitlin


Au cœur d'un bayou menacé par l'engloutissement, dans des baraques de tôle et de planches, une petite communauté d'irréductibles reste installée, vivant de pêche, d'alcool et de musique. Sans doute aussi d'un brin de folie et d'un peu de magie. Hushpuppy, 6 ans, qui de sa mère n'a qu'un vague souvenir et quelques vêtements usés, nous raconte... Lorsqu'un morceau, un tout petit morceau de l'univers se casse, tout l'univers vole en éclats. La fonte d'un glacier, une armée d'aurochs libérée du fond des âges, l'eau qui monte inexorablement, la tempête qui menace le bayou si fragile... et la maladie qui pourrait bien emporter son père, si solide en apparence.

Premier film du réalisateur, les Bêtes du Sud sauvage n'est peut-être pas un grand film à proprement parler, comme on l'a tant lu, mais c'est indéniablement un très beau film, qui se démarque par un ton et une identité visuelle assez uniques, une grâce sauvage totalement fascinante. Un film qui montre un univers de pauvreté absolue sans jamais tomber dans le misérabilisme, qui au contraire sait en trouver les richesses, y puiser une poésie rude, lumineuse malgré ses noirceurs, lumineuse de par ses noirceurs mêmes.
Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or... les vers de Baudelaire auraient pu être créés pour ces Bêtes, pour cet univers demi-noyé où la mort rôde, où la renonciation menace, mais où la beauté et un formidable élan de vie et de liberté ne s'éteignent jamais.
Une bande originale très réussie, teintée de rêve et de musique cajun (et disponible à l'écoute sur Deezer) ne gâche évidemment rien à l'affaire. A découvrir absolument, surtout si vous avez comme moi un faible marqué pour les ambiances troubles de la Louisiane !

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The Hobbit



L'histoire : Gandalf vient rechercher l'aide du hobbit Bilbon Sacquet pour aider les nains d'Erebor à reconquérir leur royaume d'Erebor, pris par un dragon.


Mon avis Quel plaisir de retrouver Frodon, Gandalf, Galadriel et Elrond !! Et surtout quel plaisir de les revoir sous les traits des acteurs de la trilogie d'origine. Frodon fait juste une petite apparition au début mais ça fait quelque chose, comme les autres clins d'œil aux Seigneurs des Anneaux.

Pour autant, tout n'est pas parfait. Le film est rythmé mais il y a quand même une impression de remplissage au début (les scènes avec Frodon, notamment). Quant à l'histoire, j'ai trouvé qu'elle était assez bien résumé par une des répliques du films : « on tombe de Charybde en Scylla ! » Elle peut se résumer en une série d'obstacles sur la route qui mène la compagnie de la Conté à Erébor. Peut-être aussi que le fait de connaître la résolution d'une partie des intrigues joue aussi. Malgré tout, les 2h30 que dure le film sont passées très vite.

J'ai beaucoup aimé les personnages. Le jeu des acteurs est très juste, surtout Bilbon. (Mais je suis fan de Martin Freeman depuis sa prestation dans Sherlock donc je ne sais pas si je suis vraiment objective :D)

Et sinon, au niveau effets spéciaux, wow ! Que ce soit le royaume nain, la cité elfe ou l'antre des gobelins, on en prend plein les yeux. Ne serait-ce que pour ça, ça vaut le coup de payer un ciné ! De plus, le rendu de toutes les créatures est très bon. Par contre, je suis allée le voir en 2D donc, je ne sais pas si la 3D apporte réellement quelque chose.

Tout ça pour dire que j'ai beaucoup aimé, au point de me demander si je ne retournerai pas le voir en VO.